CHEMIN DE LA LIEBANA

Ce tronçon traverse un des itinéraires les plus anciens du chemin de Saint-Jacques. A la fin du VIIIe siècle, La Liébana fut une des enclaves culturelles les plus paradigmatiques du royaume des Asturies. C'est le berceau de Beatus de Liébana, le moine à qui on attribue l'hymne "O Dei Verbum", un des premiers textes faisant allusion à l'apôtre Jacques le Majeur en tant que patron céleste de l'Espagne. Ce remarquable érudit, qui noua des liens étroits avec les milieux culturels de l'empire carolingien, est notamment l'auteur des célèbres "Commentaires de l'Apocalypse", un ouvrage médiéval d'une importance capitale en Europe. Ces magnifiques manuscrits enluminés portent d'ailleurs son nom, puisqu'ils ont été baptisés "Beatus". Le moine Sisnando, nommé évêque d'Iria à la fin du IXe siècle par le roi Alphonse III, contribua nettement au renforcement du culte jacquaire. Nous voici donc dans un paysage historique de premier ordre.

L'itinéraire part de San Vicente de La Barquera. Sur quelque 55 kilomètres, il traverse des localités abritant un riche patrimoine, dont Torres de Estrada, Cabanzón, Lafuente et Potes, ville classée ensemble historique et dernière étape avant le but de ce chemin, le monastère de Santo Toribio de Liébana.

Le monastère de Santo Toribio conserve la plus grande relique au monde du Lignum Crucis. Depuis le XVIe siècle, le monastère a le privilège de célébrer l'année jubilaire, un privilège qu'il partage avec Rome, Jérusalem, Saint-Jacques-de-Compostelle et Caravaca de la Cruz. On célèbre l'année jubilaire lorsque le 25 juillet, la Saint-Jacques, tombe un dimanche.

Dans les environs du monastère, plusieurs ermitages ont été érigés sur le flanc de la montagne : ceux de San Miguel, de Santa Catalina et de Cueva Santa, une construction semi-rupestre remontant au haut Moyen Age et où, selon la tradition, se retira saint Thuribe.